Tahaa déclarée infestée à la loque américaine

Mercredi 17 octobre 2018, les apiculteurs ont appris dans la presse locale une nouvelle bien surprenante.

En effet, le conseil des Ministres à pris un arrêté déclarant l’île de Tahaa contaminée à la loque américaine. Cette information, il faut bien l’admettre, n’interpelle pas vraiment sur le font, puisque le pays à déclaré l’ensemble de la Polynésie française contaminée auprès de l’O.I.E en 2016 (Organisation mondiale de la santé animale http://www.oie.int/wahis_2/public/wahid.php/Countryinformation/animalsituation ).

Ce qui interpelle davantage, c’est de savoir pourquoi cette nouvelle arrive maintenant et comme cela. Ce fracas médiatique s’apparente davantage à une épine dans le pied, un pavé dans la mare du monde apicole qui s’en serait bien passé, qu’à une solution aux problématiques de l’apiculture locale. Tout d’abord, rappelons que si cette déclaration de loque n’étonne pas grand monde d’un point de vu épidémiologique, elle constitue une nouvelle dramatique pour les apiculteur de Tahaa. En effet, rappelons que cet arrêté comme ceux concernant les îles de Huahiné, Tahiti, Moorea, Tubuaï (…) se trouvant dans le même cas, prive de facto la commercialisation du miel provenant de ces îles à destination des îles saines ( Voir textes règlementaire en rubrique règlementation). Dans le cas présent, Tahaa se voit donc désormais interdite de commercialiser, miel, reines, colonies, matériel d’occasion et autres produits de la ruche tels que mentionnés dans le texte, sur les îles voisines de Raiatea et Bora-bora en particulier. Le drame… Car à n’en pas douter, si ces produits de la ruche et matériels peuvent toujours être vendus sur Tahiti, il est évident que ce sont les îles à proximité immédiate de Tahaa qui en absorbaient le plus grands volume.

Il faut rappeler un autre point, qui pose interrogation. Nous n’avons pas connaissance que des analyses aient été réalisées depuis les dernières campagnes. Les analyses ayant conduit à cette décision, dateraient donc de 2013 ?…Et s’appuieraient sur des examens cliniques uniquement. Doit on y voir une latence entre ces analyses et les lenteurs de la bureaucratie, ou une simple maladresse, incompréhension…Bref, difficile de trouver une explication rationnelle à tout cela.

Lors de récents échanges avec la Direction de la biosécurité, la Direction de l’agriculture et la CAPL, Apis Porinetia demandait la réalisation d’une nouvelle campagne de prélèvement dans les ruchers de l’ensemble de la Polynésie. L’objectif est de permettre d’établir une cartographie instantanée des îles contaminées et des îles indemnes à la loque américaine, sur la base d’observations cliniques et d’analyses en laboratoire, qui ne puissent laisser de place au doute. Ainsi les îles déclarées contaminées, l’auraient toutes été en même temps, épargnant peut-être la situation que connaît l’île de Tahaa aujourd’hui.

D’autre part, cette première étape, constituait la base de la mise en oeuvre d’une structure sanitaire que nous proposons, s’appuyant sur des TSA (Techniciens Sanitaires Apicoles) formés et au plus près du terrain avec les association, groupements et coopératives. Le tout regroupé dans une Groupement des Cellules de Défense Sanitaire Apicole (GCDSA). Le maillage ainsi mis en place doit permettre des échanges transverses entre les services du pays en charge de l’apiculture et les professionnels, au coeur des ruchers.

Pour conclure, nous souhaitons réellement que les autorités du Pays, puissent reprendre ces propositions en travaillant avec les acteurs de la filière apicole, afin d’éviter de ternir une activité en quête de crédit et des professionnels soucieux de maintenir leurs exploitations.

Apis Porinetia, par cet article, exprime toute sa solidarité aux apiculteurs de l’île de Tahaa.

 

Rédacteur: Olivier VERGNET

Vice-Président

Apis Porinetia